Miss Tahiti 2025 : les origines marquisiennes et françaises d’Hinaupoko Devèze, la nouvelle Miss France

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Hinaupoko Devèze, couronnée Miss France 2026

Hinaupoko Devèze, couronnée Miss France 2026 le 7 décembre au Zénith d’Amiens, incarne la richesse du métissage entre la Polynésie française et l’Hexagone. Derrière son prénom aux résonances polynésiennes se cache une histoire familiale tissée entre les îles Marquises et le sud de la France.

Née à Papeete d’une mère marquisienne

Hinaupoko Céline Devèze naît le 17 mars 2002 à Papeete, capitale de la Polynésie française située sur l’île de Tahiti. Si elle voit le jour dans cette ville portuaire du Pacifique, ses racines maternelles plongent bien plus loin dans l’archipel polynésien, jusqu’aux îles Marquises, à plus de 1 400 kilomètres au nord-est de Tahiti.

Sa mère, Léa Hatuuku, est originaire d’Ua Pou, l’une des îles des Marquises. Cette île volcanique de l’archipel des Marquises, célèbre pour ses pitons rocheux spectaculaires et sa culture traditionnelle préservée, constitue le berceau de la lignée maternelle d’Hinaupoko. Léa Hatuuku exerce aujourd’hui le métier d’aide-soignante dans un hôpital psychiatrique, incarnant les valeurs de dévouement et de bienveillance qu’elle a transmises à sa fille.

Un père français psychiatre installé dans le Gard

Côté paternel, Hinaupoko hérite d’origines métropolitaines. Son père, Olivier Devèze, est français et exerce la profession de psychiatre. C’est cette double ascendance qui explique le métissage physique d’Hinaupoko, souvent comparée à la chanteuse Rihanna pour ses traits harmonieux qui mêlent influences polynésiennes et européennes.

Le couple mixte formé par Olivier et Léa s’inscrit dans une famille recomposée où Hinaupoko grandit aux côtés de plusieurs demi-frères et demi-sœurs. Cette configuration familiale, marquée par des valeurs de respect, d’écoute et de persévérance, forge la personnalité ouverte et tolérante de la future Miss France.

Une enfance partagée entre trois territoires

Contrairement à ce que pourrait laisser penser son statut de Miss Tahiti, Hinaupoko ne grandit pas essentiellement en Polynésie. En 2006, alors qu’elle n’a que quatre ans, sa famille déménage en Nouvelle-Calédonie pour une période de deux ans. Cette première expatriation marque le début d’un parcours géographique éclaté.

En 2008, à l’âge de six ans, Hinaupoko découvre les Cévennes, terre ancestrale paternelle. La famille s’installe dans le Gard, département du sud de la France où elle effectue toute sa scolarité primaire. Elle passe d’abord par la commune de Pompignan, petit village gardois où elle reçoit son enseignement élémentaire.

Pour ses études secondaires, Hinaupoko rejoint Montpellier où elle poursuit son collège puis son lycée au Lycée privé Notre-Dame de la Merci, établissement catholique privé de l’Hérault. Au total, elle passe quinze années en métropole française, soit la majeure partie de son enfance et de son adolescence loin de ses racines polynésiennes.

Le retour aux racines marquisiennes

Cette longue période métropolitaine crée chez Hinaupoko un sentiment de décalage avec son identité polynésienne. Bien qu’elle porte un prénom tahitien signifiant la grande déesse, elle utilise durant ses années françaises son deuxième prénom, Céline, plus facile à prononcer pour son entourage hexagonal.

En 2023, à 21 ans, Hinaupoko prend une décision déterminante : retourner vivre en Polynésie française. Cette décision ne relève pas du hasard mais d’une quête identitaire profonde. Elle s’installe à Māhina, commune située sur la côte nord de Tahiti, avec un objectif clair : renouer avec ses racines, comprendre et apprendre sa culture, son histoire et ses langues maternelles.

Ce retour au fenua marque un tournant dans sa construction identitaire. Hinaupoko entreprend de maîtriser le tahitien et le marquisien, langues qu’elle n’avait pas eu l’occasion de pratiquer durant son enfance métropolitaine. Elle s’immerge dans les traditions polynésiennes, pratiquant notamment le Hakamanu, danse traditionnelle marquisienne transmise de génération en génération.

L’héritage du mana marquisien

Au-delà de l’appartenance géographique, Hinaupoko revendique fièrement l’héritage culturel des Marquises. Le mana, concept central de la spiritualité polynésienne désignant une force vitale et spirituelle, constitue selon elle le socle de sa personnalité. Elle évoque régulièrement cette énergie transmise par sa famille maternelle, particulièrement par Léa Hatuuku avec qui elle entretient une relation fusionnelle.

Les Marquises, archipel le plus isolé de Polynésie française, se distinguent par une culture forte et préservée. Les Marquisiens sont réputés pour leur fierté identitaire, leurs traditions artistiques comme le tatouage et leur sens aigu du collectif. Ces valeurs imprègnent profondément Hinaupoko qui devient, avec sa victoire à Miss Tahiti puis Miss France, la première femme originaire des Marquises à remporter ces titres depuis Thérèse Heikapua Moke en 1993.

Une identité assumée entre deux mondes

Aujourd’hui, Hinaupoko Devèze incarne parfaitement la réalité du métissage franco-polynésien. Elle ne renie ni ses origines marquisiennes ni son éducation française, assumant cette double appartenance comme une richesse. Son parcours témoigne de la complexité des identités dans les territoires d’outre-mer, où de nombreux jeunes naviguent entre culture locale et culture métropolitaine.

Son retour volontaire en Polynésie après quinze ans d’absence illustre également un phénomène croissant chez les jeunes Polynésiens élevés en métropole : le besoin de reconnecter avec leurs racines pour affirmer une identité souvent malmenée par l’éloignement géographique et culturel. Hinaupoko transforme cette quête personnelle en message universel, représentant désormais toute la diversité française en tant que Miss France 2026.

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