
Ersilia Soudais, 37 ans, députée LFI de Seine-et-Marne depuis 2022, est devenue malgré elle une figure médiatique en 2024 après avoir porté plainte contre son ex-compagnon pour violences conjugales. Issue d’une famille politisée d’Aubervilliers, cette élue traverse une période difficile entre procédures judiciaires et controverses parlementaires.
Une famille engagée à Aubervilliers
Née le 21 mai 1988 à Aubervilliers, en Seine-Saint-Denis, Ersilia Soudais grandit dans une famille profondément politisée. Son père, Michel Soudais, est journaliste et l’un des rédacteurs en chef de Politis, hebdomadaire de la gauche antilibérale. Cette filiation journalistique et militante forge dès l’enfance son engagement politique.
Aubervilliers, commune populaire de Seine-Saint-Denis, constitue le terreau de ses convictions de gauche. L’environnement familial, imprégné de débats politiques et de lectures engagées, la prépare naturellement à une carrière dans la sphère publique. Son père Michel, figure du journalisme engagé, lui transmet probablement cette sensibilité aux questions sociales qui caractérise son action parlementaire.
Damien Cassé, l’ex-compagnon au centre d’une affaire judiciaire
La vie privée d’Ersilia Soudais bascule en mars 2024 lorsqu’elle porte plainte le 2 mars contre son compagnon Damien Cassé pour viol conjugal. Cet homme, également adhérent de La France insoumise, partageait sa vie depuis plusieurs années. Une enquête de flagrance est immédiatement engagée par le parquet de Meaux.
Cette plainte déclenche une procédure judiciaire complexe qui révèle une relation tourmentée. Ersilia Soudais accuse son ex-conjoint de harcèlement moral durant 31 mois. Le tribunal correctionnel de Meaux examine en mai 2025 les deux versions contradictoires de cette relation : la députée décrit un enfer quotidien, tandis que Damien Cassé nie en bloc les accusations.
Un procès difficile et médiatisé
L’audience du 21 mai 2025 au tribunal correctionnel de Meaux se déroule dans une atmosphère survoltée. Ersilia Soudais, très affligée, dépose sa plainte dans une salle exiguë, à seulement 50 centimètres de son ancien partenaire. L’épreuve est si éprouvante qu’il faut lui offrir de l’eau et une barre chocolatée, la députée étant proche du malaise.
Le procureur Jean-Baptiste Bladier requiert entre quatre et six mois de prison avec sursis contre Damien Cassé. L’audience nécessite même une suspension pour désamorcer les tensions entre l’avocat de la défense, Me Yassine Bouzrou, et le ministère public. La partie la plus pénible de l’audience concerne l’écoute des griefs, souvent sordides, détaillés par la plaignante qui n’est manifestement pas remise de ce qu’elle a enduré.
Les suites judiciaires complexes
En septembre 2024, la plainte pour viol d’Ersilia Soudais contre son ex-conjoint est classée sans suite. Toutefois, la procédure pour harcèlement moral se poursuit et aboutit au procès de mai 2025. Finalement, Damien Cassé est relaxé des accusations de harcèlement moral portées contre lui.
Ces procédures judiciaires croisées illustrent la complexité des affaires de violences conjugales où les témoignages contradictoires rendent difficile l’établissement des faits. Ersilia Soudais doit composer avec ces décisions de justice tout en poursuivant son mandat parlementaire.
Aucun mari, une vie privée bouleversée
Contrairement à ce que certaines recherches suggèrent, Ersilia Soudais n’a jamais été mariée. Damien Cassé était son compagnon, pas son mari. Cette confusion s’explique par la gravité des accusations portées qui ont largement médiatisé leur relation tumultueuse.
À 37 ans, la députée se reconstruit après cette relation destructrice qui a duré près de trois ans. Les révélations publiques lors du procès ont exposé des aspects intimes de sa vie privée, compliquant sa reconstruction personnelle alors qu’elle reste sous les projecteurs médiatiques.
D’autres controverses parlementaires
Au-delà de ses difficultés personnelles, Ersilia Soudais fait également face à des polémiques professionnelles. En décembre 2024, elle est jugée aux prud’hommes pour rupture abusive du CDI d’une collaboratrice, ajoutant une dimension conflictuelle à son image publique.
Le 18 décembre 2025, elle suscite une nouvelle controverse lors de l’audition de Sibyle Veil, présidente-directrice générale de Radio France. Ersilia Soudais accuse l’humoriste Sophia Aram d’être “raciste” concernant certaines de ses chroniques sur France Inter. Le président de la commission, Jérémie Patrier-Leitus, la recadre fermement, soulignant que la commission d’enquête n’est pas le lieu pour qualifier une salariée du service public de raciste.
L’échange devient tendu, le président coupant le micro de la députée et lui demandant sur un ton agacé de “prendre une tisane”. Cette intervention maladroite illustre les difficultés d’Ersilia Soudais à canaliser son militantisme dans le cadre parlementaire, alimentant les critiques sur son comportement à l’Assemblée nationale.
Une députée fragilisée
Le parcours récent d’Ersilia Soudais révèle une élue confrontée simultanément à des épreuves personnelles traumatisantes et à des controverses professionnelles. Issue d’une famille engagée d’Aubervilliers, fille du journaliste Michel Soudais, elle porte l’héritage d’un militantisme de gauche exigeant.
Sa relation destructrice avec Damien Cassé a profondément marqué sa vie personnelle et publique. Les procédures judiciaires, bien que soldées par une relaxe pour son ex-compagnon, ont exposé des violences conjugales alléguées qui nécessiteront du temps pour être digérées.
À 37 ans, Ersilia Soudais doit reconstruire sa vie personnelle tout en assumant son mandat de députée dans un contexte médiatique et politique difficile. Son parcours illustre la vulnérabilité des élues confrontées à des violences privées tout en devant maintenir une présence publique exigeante.