
Sonia Dridi s’est imposée comme l’une des voix françaises les plus influentes à Washington. Seule journaliste française accréditée à la Maison Blanche, cette correspondante d’origine tunisienne incarne une génération de reporters internationaux qui ont forgé leur expertise sur les terrains les plus exigeants du monde arabe avant de conquérir la capitale américaine.
Un père tunisien, une passion pour le monde arabe
Sonia Dridi est d’origine tunisienne par son père. Cette filiation méditerranéenne a profondément marqué son parcours professionnel et ses choix éditoriaux. Dès son plus jeune âge, elle manifeste un intérêt prononcé pour le monde arabe et le Moyen-Orient en général. Elle cherche en grandissant à se rapprocher de cette culture paternelle et à mieux la comprendre.
Cette quête identitaire et intellectuelle la pousse naturellement vers le journalisme international spécialisé dans la région MENA (Moyen-Orient et Afrique du Nord). Loin d’être anecdotique, cette origine tunisienne constitue un atout majeur pour comprendre les subtilités culturelles et politiques d’une région souvent mal comprise en Occident.
L’Égypte comme terrain de formation
De 2011 à 2015, Sonia Dridi travaille pour France 24 en Égypte. Ces quatre années coïncident avec la période la plus tumultueuse de l’histoire égyptienne récente : le printemps arabe, la chute d’Hosni Moubarak, l’élection puis la destitution de Mohamed Morsi, et l’arrivée au pouvoir d’Abdel Fattah al-Sissi.
Elle réalise notamment un documentaire intitulé “Tahrir, un an après”, qui témoigne de son engagement à comprendre en profondeur les mouvements sociaux qui secouent le monde arabe. Cette expérience égyptienne forge son regard de journaliste, lui apprenant à décrypter les enjeux politiques complexes et à rapporter des événements historiques majeurs sous pression constante.
De la Tunisie paternelle à Washington
Le parcours de Sonia Dridi illustre un cheminement professionnel cohérent : partir de ses racines tunisiennes, développer une expertise reconnue sur le monde arabe, puis transposer cette compétence d’analyse à la scène politique américaine. Washington devient ainsi le prolongement naturel d’une carrière internationale.
Aujourd’hui correspondante à Washington pour LCI et la RTBF, elle couvre quotidiennement l’actualité de la Maison Blanche. Cette position lui confère un statut unique : elle est la seule journaliste française officiellement accréditée auprès de la présidence américaine, un privilège qui témoigne de sa reconnaissance professionnelle.
Une expertise reconnue sur Joe Biden
En 2020, Sonia Dridi publie une biographie de Joe Biden aux Éditions du Rocher. Cet ouvrage paraît avant l’élection présidentielle américaine et démontre sa capacité à analyser en profondeur les personnalités politiques américaines. Cette expertise lui permet de décrypter avec finesse les enjeux des élections et les dynamiques du pouvoir à Washington.
Cette biographie constitue également une reconnaissance de son statut d’experte de la politique américaine auprès du public francophone. Elle franchit ainsi la frontière entre journalisme et analyse politique approfondie.
L’incident avec Marjorie Taylor Greene
En février 2025, Sonia Dridi devient malgré elle le centre d’une polémique. Lors d’une conférence de presse à la Maison Blanche, l’élue trumpiste de Géorgie Marjorie Taylor Greene se moque d’elle en lançant “C’est quoi cet accent ?”. La remarque cible la manière dont la journaliste s’exprime en anglais avec son intonation francophone.
L’incident déclenche une vague de soutien massif en France. Les médias français et les réseaux sociaux se mobilisent pour défendre la journaliste, soulignant son professionnalisme et dénonçant l’attitude condescendante de l’élue américaine. Cette polémique met paradoxalement en lumière le travail quotidien de Sonia Dridi et son rôle essentiel dans la couverture médiatique française de la politique américaine.
Une double identité assumée
Franco-tunisienne, Sonia Dridi incarne cette génération de journalistes qui puisent dans leurs origines multiples pour enrichir leur compréhension du monde. Son parcours du Caire à Washington, en passant par la Tunisie de ses ancêtres paternels, dessine une trajectoire professionnelle cohérente centrée sur la couverture des grandes mutations politiques contemporaines.
Son origine tunisienne n’est jamais présentée comme un handicap mais comme une richesse. Elle lui permet de comprendre les dynamiques du monde arabe que peu de journalistes occidentaux maîtrisent vraiment. Cette expertise rare devient un atout précieux dans un contexte géopolitique où les relations entre l’Occident et le monde arabe occupent une place centrale.
Une voix française à Washington
Correspondante pour LCI et la RTBF, Sonia Dridi assure quotidiennement la couverture de la Maison Blanche pour les audiences francophones. Elle décrypte les décisions présidentielles, analyse les conférences de presse, et traduit pour le public français les subtilités de la politique américaine.
Son accréditation à la Maison Blanche représente un privilège rare et une responsabilité immense. Elle porte la voix de la presse française dans l’enceinte la plus protégée du pouvoir américain, posant les questions que le public francophone attend sur les décisions qui impactent les relations transatlantiques.
Une carrière bâtie sur l’expertise terrain
Le parcours de Sonia Dridi démontre que le journalisme international de qualité se construit sur l’expérience terrain. Ses quatre années égyptiennes, durant lesquelles elle a couvert révolutions et bouleversements politiques, lui ont donné cette crédibilité indispensable pour prétendre ensuite couvrir la Maison Blanche.
Cette trajectoire illustre également comment les origines familiales peuvent devenir des atouts professionnels quand elles sont cultivées intellectuellement. Son père tunisien lui a transmis un intérêt pour le monde arabe qu’elle a transformé en expertise reconnue, avant de l’appliquer à la scène politique mondiale.
Sonia Dridi représente aujourd’hui cette nouvelle génération de correspondants internationaux qui allient expertise régionale pointue et capacité d’analyse des grands centres de pouvoir mondiaux. Franco-tunisienne assumée, elle prouve que la diversité des origines enrichit le journalisme plutôt qu’elle ne le limite.